• Exposition en cours

    BAZAR ZOULOU

    4 octobre 2019 > 28 décembre 2019
    • Fermeture exceptionnelle
    • Fermeture exceptionnelle le 11 décembre...

      Merci de votre compréhension !

    • Ecriture
    • Les ateliers d'écritures reprennent !

      Plutôt que des mots à tort et à travers, employons les mots en passant au travers, avec raison et une bonne dose de joie et d'imagination. Pour percer le secret du langage, rien ne vaut d'essayer d'inventer le sien : en ateliers individuels ou collectifs.

      Animation : Élise Vandel


      > 9 novembre / 15h-18h

      > 14 décembre / 15h-18h


    • Participez !
    • VIDEO-BAZAR

      Sans doute avez-vous, vous aussi, de ces objets bizarres et sympathiques glanés au cours de vos voyages ou offerts par des proches, de ces objets dont on ne peut se détacher au fil des déménagements et des histoires de vie.
      Nous vous proposons de raconter leur histoire en quelques minutes, devant la caméra, et de constituer avec nous une nouvelle collection d'objets populaires. Ces vidéos seront ensuite postées sur nos réseaux sociaux.
      Nous vous attendons avec votre objet à la Fondation espace écureuil, 3 place du capitole.

      2 premiers rendez-vous :

      > samedi 19 octobre

      > samedi 2 novembre

      de 11h30 à 14h.


    • GRAPHÉÏNE
    • Graphéïne est un festival organisé par le réseau Pink Pong, qui rassemble les structures d'art contemporain de Toulouse & métropole.
      Du 6 novembre au 20 décembre - Découvrez tous les évènements ici.


      ATELIERS PARENTS/ENFANTS

      Petits et grands, (re)découvrez le Bazar de Françoise Huguier à travers les outils du dessin...

      > mercredi 20 novembre à 14h

      > mercredi 4 décembre à 14h

      > samedi 7 décembre à 14h

      Durée : 1h30

      Gratuit, sur inscription

          

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    BAZAR ZOULOU

    La collection d'objets populaires de Françoise Huguier

    du 4 octobre au 28 décembre 2019
    > vernissage jeudi 3 octobre à 18h30

    L'objet lui-même est donc caché, mais doit communiquer par son enveloppe notre identité sociale ou, plus singulièrement, notre identité personnelle. Les objets, source d'inspiration pour mes images, sont conservés chez moi comme un carnets de voyage. Prendre une photo est d'abord un concept immatériel, je vois, je shoote. Alors qu'avec un objet en volume, je m'approprie d'emblée une histoire que ne m'appartient pas. L'objet concret m'inspire nécessairement un concept de reportage, racontant le contexte économique et social de l'époque.

    Ça a commencé à Jakarta en 1975, avec les panneaux en bois peint des cyclo-pousse indonésiens, que je considère comme un art populaire. A Singapour, tous les objets en papier et en bambou - Mercedes, costumes, palais chinois... - offerts aux défunts puis brûlés au
    cimetière m'ont amenés à photographier les cérémonies, le théâtre chinois et les emballages de médicaments. Au Japon, à la piscine de Tokyo Summerland, les détails de ces corps au visage voilé par un tissu pour se protéger du soleil, sont pour moi une réminiscence des marques traditionnels et les prémices des robots du XXIè siècle. A Saint-Petersbourg, en faisant des natures mortes dans les appartements communautaires, m'est venue l'envie impérieuse de trouver des objets-témoins de l'époque soviétique. Tel ce livre représentant les couronnes mortuaires le Lénine, référence historique et stylistique introuvable actuellement.

    Ce cabinet de curiosités rassemblant mes objets et mes photos, est à la fois mon microcosme et ma manière de pénétrer les secrets intimes du monde, la rencontre de réel des objets et du
    virtuel des images, l'incarnation d'une culture et d'un art populaire. Je ne suis pas une collectionneuse, plutôt une ramasseuse, au gré de mes inspirations.

    Françoise Huguier est photographe. Membre de l'Agence Vu, elle est connue pour ses photographies de mode et ses reportages dans différents pays. Elle a longuement collaboré avec le journal Libération.

    Le Bazar Zoulou selon Gérard Lefort

    Comme un paradoxe excitant, c'est peut-être quand elle est au plus proche d'un modèle autobiographique que Françoise Huguier s'en éloigne le plus. Pour preuve sa dernière obsession, sa nouvelle passion : photographier une partie de son intense collection de bibelots, bidules et autres trucs qu'elle et son mari Patrice ont glanés au hasard de leurs nombreuses pérégrinations et stockés dans leur maison. Une visite in situ permet de comprendre. Jouets, sculptures, tableaux, vaisselles en tout genre, quincailleries de toutes espèces, il y en a partout venant de partout : Russie, Cameroun, Mali, Ghana, Corée du Sud, Chine, Japon ou Bretagne. Tous rangés et arrangés selon une logique de la coïncidence dont seule Françoise connaît le secret. Elle dit même que parfois elle s'y perd, s'y égare quand ayant caché certains objets plus précieux que d'autres, elle ne les retrouve plus.
    C'est quoi ce bastringue ? Un musée imaginaire ? Un cabinet de curiosités exotiques ? Un bazar zoulou ? Tout ça à la fois. Mais aussi une vision « objectale » du monde. Elle dit : « Comprendre les gens par leurs objets domestiques, apparemment les plus ordinaires et quotidiens. » Et c'est ainsi que dans certains appartements de Séoul elle apprend que les papiers peints, y compris au plafond, sont hantés par des figures de fantômes familiaux. Ou à Bangkok, qu'une automobile entièrement doublée de motifs Hello Kitty est un peu plus qu'un véhicule. Et cette boîte de conserve rouillée ramassée sur un dépotoir en Sibérie ? Du corned-beef, reliquat d'un cadeau de l'armée américaine à l'Armée rouge au temps de la guerre contre les nazis. Et cette mini-gravure sur ivoire ? Une défense de morse travaillée par quelque artisan inuit. Et cette étoile rouge en tôle rongée ? Un emblème soviétique qui surmontait les tombes dans les cimetières du Goulag.
    Les collections hétéroclites et bizarroïdes de Françoise Huguier sont comme une sono mondiale qui lui parle. Une conque à laquelle elle collerait son oreille pour écouter des océans de vie. À condition que tout ce foutoir excentrique soit commenté, sous-titré, légendé ? Certes, mais pas seulement. Elle dit : « Raconter mon parcours de photographe avec des objets, c'est peut-être finalement plus intéressant que de raconter ma vie. Et c'est pour ça que j'ai entrepris d'en photographier une partie. » Intéressant et rêveur. Car cette sélection en vue d'une exposition, et sans doute d'un livre, n'est évidemment pas organisée selon des critères réglo (par exemple par pays) mais désorganisée par des mots clefs qui ouvrent des serrures autrement imaginaires : « couleur », « thé », « masque ». Des objets qu'elle a systématiquement détourés sur fond blanc, non pas tant pour les fétichiser en les isolant mais pour attiser entre eux les feux de nouvelles concordances et coordinations. L'entreprise n'a rien d'une édification monumentale et encore moins d'un mausolée.
    Sur une des terrasses de sa maison, Françoise Huguier a installé, façon bouddhiste, un autel de ses ancêtres où on aperçoit des portraits de ses parents ou de sa sœur décédée. Mais ce culte n'est pas seulement celui de ses racines, il est aussi un hommage païen aux dieux lares, protecteurs de la maison-monde. Des divinités bienveillantes qui rappellent que nous procédons tous d'un en deçà qui excède la biographie familiale et ses déterminismes rabat-joie, que nous sommes tous de joyeux ancestraux.

    Gérard Lefort est critique de cinéma. Il a, comme Françoise Huguier, longuement collaboré avec le journal Libération dont il a été responsable du service Culture.
    Ce texte est extrait du Reporters sans frontières n°57 (Printemps 2018).

    RENCONTRE AVEC FRANCOISE HUGUIER

    La petite cuillère en bois de Valérie Simoulin

    LE MOUTON DE PRISSYLA

    L'Hippocampe de Julie

    LA BOÎTE DE 421 DE MARIE

    Le Bouddha de Sylvie

    Le masque de Frédéric

    Le coucou Suisse magnétique de Marion

    La revue coquine d'Antoine

    Le canard de Louise

    Le morceau de charbon de Charly

    Les soldats de Jean-Pierre

  • FONDATION D'ENTREPRISE ESPACE ÉCUREUIL POUR L'ART CONTEMPORAIN - 3 PLACE DU CAPITOLE - 31000 TOULOUSE
    Tél. 05 62 30 23 30 - contact(at)caisseepargne-art-contemporain(.)fr
    Ouverture du mardi au samedi de 11h à 19 h 30 et le premier dimanche du mois de 15 h à 19 h 30. Fermeture exceptionnelle du 5 au 19 août . Entrée gratuite