• La collection "Cadavres exquis"

  •  
    accueil > Fondation > La collection
    • envoyer à un ami
    • Imprimer

    LES Cadavres SONT exquis

    Jean Le Gac, Maryline Desbiolles, Gérard Titus-Carmel, Jean-Philippe Toussaint, Françoise Pétrovitch, Alain Chareyre Méjan, Jean-Michel Meurice, Eric Pessan, Jean Rault, Philippe Forest, Catherine Viollet, Marie-Hélène Lafon, François Dilasser, Paul-Louis Rossi, François Bouillon, Roland Ossart, Peter Kröning, …
    Plasticiens, écrivains, musiciens… mais qu'est ce qui lie tous ces artistes ?

    « Cadavres exquis » est un projet qui a commencé en novembre 2005. Chacune de ces œuvres, picturales et littéraires, ont été créées pour la Fondation, sur sa proposition, et font parties de sa collection.

    Réinvestissant le célèbre jeu initié par les Surréalistes - le cadavre exquis - cette exposition est construite sur le principe d'invitations où, écrivains, artistes et musiciens, se répondent en alternance.
    C'est le peintre Jean Le Gac qui a démarré le processus en proposant un dessin intitulé Le peintre a disparu. Son dessin a été envoyé à l'écrivain Maryline Desbiolles, laquelle a écrit un texte au regard de cette création. Ce manuscrit a été ensuite envoyé à un deuxième peintre, Gérard Titus-Carmel, qui s'en est inspiré pour créer une œuvre qui a ensuite été envoyée au second écrivain de la liste, Jean-Philippe Toussaint.
    … Et ainsi de suite, jusqu'à créer une œuvre collective étonnante où aucun des intervenants ne sait ce qui découlera de sa proposition.

    A ce jour, une trentaine d'œuvres constituent cette collection. Elles seront toutes présentées en automne 2013 à la Fondation espace écureuil : deuxième étape (une première exposition avait eu lieu en 2007) de cette ouverture culturelle qui fait directement écho à la programmation et aux couleurs artistiques de la Fondation. Mais le projet n'est pas terminé et d'autres œuvres s'ajouteront au fil des années, poursuivant ainsi cette histoire imaginée par plusieurs.

    Cette collection a également donné lieu à des actions culturelles « hors les murs », les médiateurs de la Fondation organisant des rencontres en direction de différents publics (maison de retraite, halte santé, entreprise…)

    • La collection, réunissant à ce jour une trentaine d'oeuvres sera présentée en automne 2013 à la Fondation portant le nom de "Les cadavres sont exquis".
    • L'exposition donnera lieu au projet pédagogique de l'année 2013-2014.
    Cadavre exquis…mais qu'est ce que ça veut dire ?

    Le cadavre exquis est un jeu collectif inventé en 1925 par les Surréalistes (groupe d'amis réunis autours de André Breton, Marcel Duhamel, Jacques Prévert, Yves Tanguy…). A l'origine, le principe consistait à composer des poèmes ou des dessins à plusieurs, chacun inscrivant un mot ou un motif sur un papier plié, à l'insu des autres participants. Les oeuvres ainsi obtenues ne tenaient pas compte des collaborations précédentes et présentaient des rapprochements curieux, comme la phrase "le cadavre exquis boira le vin nouveau", à laquelle le jeu doit son nom. Le principe s'est poursuivit à travers le temps et l'on continue de jouer à ce jeu entre amis, à l'école…

    Jean Le Gac, Le peintre a disparu

     


    J'avais eu tant de bonheur à partir par la campagne, un livre dans ma poche, tant de bonheur à emporter le monde dans ma poche : il ne pesait rien, mais je savais tout en marchant que j'allais bientôt m'arrêter sous un arbre, un buisson, m'engouffrer entre les pages à peine bruissantes, dans l'épaisseur du monde.
    J'avais eu tant de bonheur à lire dans mon lit, transportée, bien plus que par tous les voyages à venir, sans que rien ne se voie, aussi immobile que si je dormais d'un profond sommeil.
    J'avais gardé nombre de ces bonheurs : accumulés dans ma bibliothèque, ils étaient devenus si lourds, ils s'étaient établis. Ils se portaient garants de ma distinction, assurant de mon bon goût. Presque invisibles, ils m'avaient ouverte à ce que j'ignorais, à l'inconnaissable obscurité. Assis sur mes étagères, ils me donnaient l'air de savoir. Ils étaient énormes.
    Il me prit l'envie de vouer aux orties cet ordonnancement, cette assurance, de partir de nouveau à la conquête d'un livre qui toujours se déroberait, qui ne m'appartiendrait pas mais qui me dépossèderait de moi-même. Je mis à la hâte un casque d'aviateur et me lançai dans le vide.

    Maryline Desbiolles

     


     

    Gérard Titus-Carmel

     


    Je vois des livres partout. Au début, j'ai à peine pris garde à l'oiseau perché sur l'étagère (un oiseau matamore, frêle de pattes et large d'ailes), je n'ai vu que les livres. J'en ai compté soixante-neuf, je pourrais donner le détail de la répartition de mémoire, si cela intéresse les enquêteurs, dix livres sur l'étagère du bas, des Einaudi, des Rizzoli, des Feltrinelli, puis onze, bien alignés sur la droite, les onze premiers volumes de l'encyclopédie De genuinis rerum coelestium, terrestrium et inferarum proprietatibus de Bartholomaeus Anglicus, Frankfurt/M. 1601, à quoi s'ajoutent six livres posés à l'horizontale sur l'étagère centrale, à côté de deux gros classeurs de rangement, marqués à la main Diari XVIII et Diari XIX, qui jouxtent les derniers tomes de l'édition intégrale en dix-neuf volumes du De proprietatibus rerum. Sur l'étagère du haut, quatorze livres, pour la plupart étrangers, un Suhrkamp, un Frankfurterverlagsanstalt, mon oeil d'aigle ne tarde pas à y repérer aussi le très rare Untersuchungen zur Überlieferungs und Rezeptionsgeschichte von De proprietatibus rerum, de Heinz Meyer, München, Wilhelm Fink, 1999, puis de nouveau huit livres pas classés, posés en vrac sur l'étagère avec les six derniers, un mélange de livres italiens, anglais et arabes, dont on n'aperçoit que la tranche. La bibliothèque d'un érudit toscan, qu'on vient d'assassiner.

    Jean-Philippe Toussaint

  • FONDATION D'ENTREPRISE ESPACE ÉCUREUIL POUR L'ART CONTEMPORAIN - 3 PLACE DU CAPITOLE - 31000 TOULOUSE
    Tél. 05 62 30 23 30 - contact(at)caisseepargne-art-contemporain(.)fr
    Ouverture du mardi au samedi de 11h à 19 h 30 et le premier dimanche du mois de 15 h à 19 h 30. Ouverture le samedi 11 novembre 2017. Entrée gratuite