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    EXPOSITION COLLECTIVE "VA DANS TA  CHAMBRE !" ( 01 - 04 2019)

    Ici, le jeu de piste jeune public

    Neuf personnes issues du milieu culturel, neuf chambres d'adolescents créées à partir de leurs souvenirs ou des fantasmes de (ou autour de) l'adolescence. Et tous les quinze jours, deux chambres supplémentaires, toujours les mêmes, accueillent les propositions de chambres du public.

    Afin d'accompagner cette exposition dense et participative, Pauline notre stagiaire a récolté les témoignages des participants. Ces courts textes ont pris place dans les couloirs de la Fondation, sur fond d'affiches évoquant les références des participants. Entre nostalgie et soulagement d'en être sorti, l'adolescence inspire ainsi des sentiments très contradictoires...

    LES TEXTES DES PARTICIPANTS

    CHAMBRES PERMANENTES

    Christian BERNARD

    Sarkis, Ma chambre de la rue Krutenau en satellite, 1989

    Christian Bernard est directeur artistique du festival d'art contemporain Le Printemps de Septembre, à Toulouse.

    Christian Bernard ne se souvient pas de ses chambres d'adolescent. Il choisit de présenter une œuvre de Sarkis, maquette dorée à la feuille de la chambre que ce dernier occupait à Strasbourg, rue Krutenau. Le fragile objet est posé sur une main en néon – silhouette de celle de l'artiste.
    Cet espace vide, sans plafond, est reproduit par Sarkis à différentes échelles alors qu'il s'apprête à quitter la ville ; Christian Bernard a eu l'occasion d'exposer l'une de ces maquettes au Mamco (Musée d'art moderne et contemporain de Genève, dont il fut le directeur jusqu'en 2015). Egalement au Mamco, il proposera en 2013 l'exposition collective « Biens communs II, Les Chambres ». Chaque artiste invité réalise sa chambre en mettant en scène des œuvres de la collection du musée, à l'instar de l'espace proposé par Sylvie Fleury, qui réinterprète une installation de Claes Oldenburg.

    Si elle offre ici aux regards des visiteurs les traces du quotidien le plus intime, la chambre est avant tout pour Christian Bernard un espace mental, une  « base de lancement pour l'imagination ».

    Jérôme CARRIÉ

    Jérôme Carrié est commissaire d'exposition, enseignant à l'Université Toulouse Jean Jaurès II et plasticien.

    Jérôme Carrié a gardé en mémoire les couleurs pastellisées des Petits Poneys arc-en-ciel de son enfance. Pour Va dans ta chambre, il crée un tableau vivant, paradis artificiel aux multiples paradoxes : plage d'intérieur, couleurs de l'aurore tout autant que du crépuscule, temporalité oscillant entre fugacité et éternité... Meublée d'un unique transat et d'objets de loisir, cette chambre est traversée par les angoisses de la vie : mort, disparition, perte de l'amour.
    La bande-son mêle bruit de la mer et classiques de l'opéra, techno ou encore chansons d'amour populaires (Dalida, Mistinguette…). Jérôme Carrié aime sincèrement ces musiques aux couleurs bonbon. «  Je suis Michel Foucault et Jean-Pierre Foucault. Je suis Verdi et Hervé Vilard. Cette chambre, c'est moi, ça me ressemble ».

    Patricia COMBACAL

    Patricia Combacal est orthophoniste et photographe.

    Quand Patricia reçoit l'invitation à participer à l'exposition Va dans ta chambre, elle accepte immédiatement et voit ainsi l'occasion de saisir un moment clef de sa vie d'artiste.
    Plasticienne aux multiples facettes, elle associe photographies et dessins, et agrémente cette association de textes de sa réalisation. Très touchée par la notion d'introspection, le rêve et les souvenirs, son univers se veut onirique, intimiste, caressant, presque secret. De sa chambre d'adolescente au papier peint design rangée de manière “quasi maniaque”, elle conserve un souvenir affectueux. C'est dans ses tiroirs que la future photographe conservait avec soin tous ses souvenirs, lettres, écrits et trésors. Elle décide ici de restituer l'ambiance de cette chambre tant aimée. Les vingt-sept tiroirs de la pièce nous révéleront des œuvres originales de Patricia Combacal, assemblages, textes, objets ainsi que quelques réalisations d'autres artistes.


    Mariette ESCALIER

    Mariette Escalier est influenceuse et médiatrice culturelle au Quai des Savoirs.


    La chambre est pour Mariette Escalier un univers onirique très intime ; elle a d'abord eu un peu peur de dévoiler cet espace pour l'exposition.
    Elle a choisi de recréer la chambre-cabinet de curiosités qu'avec le recul, elle aurait aimé avoir à son adolescence. S'y mêlent livres et objets insolites, iconographie religieuse kitsch, taxidermie, planches anatomiques… Tapis et coussins composant un nid douillet où l'on peut se réfugier pour lire, penser.
    Dans cet espace clos, elle a découvert le monde à travers les livres qu'elle dévorait par dizaines, se passionnant pour les objets antiques et l'histoire de l'art.
    Aujourd'hui encore, Marielle Escalier revendique la part adolescente qui ne l'a jamais quittée.


    Pauline HISBACQ

    Pauline Hisbacq est photographe.

    Cette chambre accueille les photos de Pauline Hisbacq ainsi que des assemblages de diverses images que l'artiste a pu trouver sur internet. Elle aime “chiner” ces images qu'elle assemble entre elles pour créer des univers aux sources et origines variées.
    L'adolescence, l'amour et la naissance du désir sont des sujets phares dans le travail de la photographe. Les allusions à l'amour et à l'érotisme sont ainsi nombreuses dans cette pièce. Cette chambre est celle que Pauline Hisbacq aimerait avoir, pour de vrai, une chambre-doudou, où l'artiste se sente bien et puisse prendre soin d'elle.


    Karine MATHIEU

    Karine Mathieu est commissaire d'exposition indépendante et directrice artistique de l'espace Memento à Auch.

    Karine Mathieu réalise pour Va dans ta chambre une œuvre qu'elle aurait aimé découvrir en tant que visiteur. Cette “boîte à musique” actionnée par le geste du public, est un espace mental. D'abord immergés dans la lumière, nous le sommes ensuite dans la musique envahissant l'espace immaculé.
    Karine Mathieu veut créer une rencontre, avec soi ou avec des personnes inconnues, et favoriser un certain laisser-aller. La musique choisie est celle qu'elle écoute actuellement, morceaux contemporains ou plus anciens (Psychic Tv…). La commissaire d'exposition espère que ce lieu créera une émotion immédiate chez les visiteurs grâce à la force de la musique et à l'espace confiné.


    LAURENT MAUVIGNIER
    Lost and Find Yourself, 15 min, 2019

    Laurent Mauvigner est écrivain, diplômé des Beaux-Arts en 1991.

    Pour sa participation à l'exposition, Laurent Mauvigner porte rapidement son choix sur les caves voûtées de la Fondation. Il réalise un film à partir d'images puisées sur Internet, principalement des films d'animation pornographique japonais, hentai, signifiant perversion ou métamorphose – celle-ci étant celle du passage de l'enfance à l'âge adulte. Le film associe des images de sport, d'armes, propres dans l'inconscient collectif à l'adolescence masculine. Mais aussi des images de discothèques, de rave parties, qui côtoient des images de migrants, d'émeutes. Le deuil de l'enfance, c'est la rencontre d'une imagerie naïve et du choc de la réalité, de l'émergence, dans un espace mental où l'on s'invente soi-même, d'images historiques et actuelles, d'images iconiques de l'histoire de l'art (Van Gogh, Flandrin) et de celles issues de la culture populaire. La chambre est lieu d'expérimentation et de projection de ce flux, dans lequel l'inconscient est à la fois intime et collectif.

    Valérie MREJEN
    Quatrième, 2018, 13min44

    Valérie Mréjen est romancière, plasticienne et cinéaste.

    Entre décembre 2017 et février 2018, Valérie Mréjen est en résidence auprès des élèves de 4ème de six maisons familiales et rurales (MFR) d'Ille-et-Vilaine. Leur rencontre donne lieu à un court-métrage, tenant selon la plasticienne tout autant "du documentaire que de l'œuvre plastique".
    Les adolescents y partagent leurs peurs, espoirs, résignation parfois. Sincères, réservés, émouvants ou amusants, ils dévoilent autant par leurs mots que leurs silences un peu de leur vulnérabilité.
    En 2008, l'artiste s'intéressait déjà à cet âge de la vie dans le court-métrage Voilà c'est tout, autre série de portraits face-caméra d'adolescents de la région parisienne.


    Galin STOEV

    Galin Stoev est directeur du ThéâtredelaCité à Toulouse.

    S'il garde peu de souvenirs de sa chambre d'adolescent, Galin Stoev se remémore le lit comme un espace propice à la disparition. Sous les couvertures, il est plus facile d'échapper aux difficultés qu'imposent les transformations de cette période complexe.
    Le lit permet de se cacher mais aussi de s'éclipser dans un monde plus harmonieux, plus calme. Cette évasion nécessitant un passage, il le matérialise sous forme d'un trou, à la fois mystérieux et rebutant. Une issue de secours vers l'inconnu.
    L'image lui rappelle un dessin animé britannique des années 70, narrant les aventures d'un garçon qui creuse dans sa chambre, à l'aide d'une torche magique, un tunnel vers un monde parallèle. Mais si l'univers nocturne de Jamie est ludique et coloré, difficile d'imaginer celui auquel mènera la chambre du metteur en scène.


    CHAMBRES DU PUBLIC

    Du 16 au 28 janvier

    Sylvie CORROLER

    Sylvie Corroler est directrice artistique de la Fondation espace écureuil.

    Sylvie Corroler rejoue la chambre d'adolescente qui fut la sienne, de ces douze ans et un mois à ces dix-neuf ans et un mois. C'est cette atmosphère, dans laquelle elle s'est construite, qu'elle souhaite figer ici. Véritable refuge pour la jeune fille casanière (c'est aussi sa première chambre “à elle toute seule”), cette pièce devient le lieu de nombreuses découvertes. Par la lecture (en particulier Colette et Agathe Christie), Sylvie Corroler découvre alors un autre rapport au monde. Grâce au cinéma et aux magazines, elle apprivoise, ”l'image”, les images, qu'elle aime assembler les unes avec les autres en découpant, photocopiant… L'adolescente réalise alors de vraies expositions sur les murs de son repaire.
    La chambre de son adolescence est ainsi le lieu de découverte de l'art et de la culture mais aussi celui de l'élaboration d'une sensibilité au monde particulière, propre à son individualité.

    JULES POSAS

    Jules Posas est en terminale littéraire option arts plastiques.

    La chambre que réalise Jules Posas pour l'exposition ressemble à la sienne, “en un peu mieux". Il y crée une ambiance cocooning, lui qui adore les gros pulls et les plaids.
    La décoration de l'espace est ponctuée de personnages de l'univers geek, en particulier des héros du jeu en réseau Overwatch. Elle reflète sa passion pour les jeux vidéo, qu'il espère pouvoir développer lui-même dans le futur.
    S'il est conscient de la différence entre réalité et monde virtuel, Jules Posas voit en les jeux vidéo un moyen de s'immerger dans d'autres réalités. Ils lui permettent également de construire un réseau de connaissances voire d'amis, avec lesquels il a pu nouer des liens sincères.
    Dans sa chambre, une playlist de musiques variées entremêle morceaux actuels et références plus anciennes, reflétant ses goûts éclectiques.

    Du 29 janvier au 11 février

    Michèle BABEC

    Visiteur

    La chambre de Michèle Babec, visible dans la vitrine, rassemble les éléments qui la rassuraient durant son adolescence : des tapis doux et moelleux, des livres, une radio. L'espace se veut protecteur, apaisant, qualités qu'elle attribue également à la mer présente en fond sonore dans l'entrée.
    La lecture et l'écoute des émissions de radio lui permettaient de s'évader depuis sa chambre sans avoir à affronter un monde extérieur angoissant, figuré par les ombres grises sur le mur (aujourd'hui non-voyante, sa vue était alors très faible).
    Par la sculpture qu'elle pratique depuis une vingtaine d'années, Michèle Babec évoque, sous forme d'une silhouette recroquevillée, son ressenti au moment de l'adolescence.


    Théo CAZEDEBAT

    Visiteur, étudiant à Sciences Po Toulouse

    Théo Cazedebat se rend régulièrement aux expositions de la Fondation, aussi est-il ravi de pouvoir investir, à sa façon, cet espace qu'il connaît bien. Son choix se porte rapidement sur la représentation de la chambre du fan d'Agnès Varda qu'il est. La découverte des films de la cinéaste l'ouvre à un univers nouveau, celui du cinéma de la Nouvelle Vague. Pour l'étudiant, c'est un “vrai choc émotionnel”. Il rédigera d'ailleurs un mémoire sur ce mouvement des années 1960.
    On peut observer aux murs les posters d'Agnès Varda, le T-shirt Agnès Varda à l'instar du maillot des fans de football. Le fan écrit beaucoup à son idole, un dialogue à sens unique. Théo Cazedebat travaille chaque détail de sa chambre en référence à un film ou à un moment de la vie d'Agnès Varda, de la housse de couette très visible au petit cadre de la mer sétoise.

    Du 12 au 25 février

    Simon PAEPE
    Visiteur


    Simon Paepe souhaite, dans sa chambre, retranscrire l'espace dans lequel il laissait libre court à son imagination et à sa créativité. Les murs étaient pour lui de grandes pages blanches sur lesquelles il avait la possibilité de traduire ses émotions via la couleur, l'accumulation de souvenirs.
    Il conçoit également la chambre comme le lieu où l'on peut cacher ses petits secrets et accumuler un “joyeux bordel” mêlant livres, DVDs, cartoons, photos... Un espace pour soi et à soi reflétant bien son état d'esprit au moment de l'adolescence.

    Lilie-Paôlina ROUSSEL
    Lycéenne en 2nde à Toulouse


    C'est le jour de ses seize ans que Lilie Roussel installe sa chambre à la Fondation. Elle a voulu faire ressortir le paradoxe de sa personnalité, de ses sentiments d'adolescente.
    En apparence la chambre se veut rassurante, enveloppante et calme, mais en regardant plus en détail, de sombres détails sautent aux yeux. Les couleurs pastel et douces nous ramènent à la tendresse enfantine, tandis que les clous ou la main émergeant du lit mettent en scène un univers beaucoup plus inquiétant et torturé. Lilie a essayé de retranscrire ce que peuvent ressentir certains adolescents - garçons ou filles - dont elle, durant cette période de changements importants, souvent stressants et déroutants.

    Du 26 février au 11 mars

    Lewis DUSSURGET

    Etudiant en design textile à Lyon, 23 ans


    Lewis Dussurget travaille depuis bientôt deux ans sur un mémoire portant sur la notion d'intelligence émotionnelle liée à l'adolescence, à l'intime et donc à la chambre. Quand l'étudiant prend connaissance du thème de l'exposition et de la possibilité d'y créer son espace, il saisit cette opportunité en totale adéquation avec son sujet de réflexion. Il souhaite extérioriser via un “vêtement manifeste” l'espace secret et privé de la chambre et du journal intime ; un pull entre robe de chambre et sweat, “vêtement-refuge” couvert de symboles liés à la chambre, à l'introspection. Le dos nu illustre notre vulnérabilité, notre être en construction. Cette vulnérabilité est pour lui une force qui mérite d'être montrée et acceptée. Lewis Dussurget associe à ses créations des éléments de la culture populaire, d'Harry Potter à l'iconique Audrey Hepburn.

    Nathalie CARRIE
    Visiteur, chorégraphe

    Depuis son plus jeune âge, Nathalie Carrié, dont la grand-mère était culottière 1, manie l'aiguille à coudre. La matière – tissu, laine, terre – occupe une place importante dans sa vie et dans sa création. Durant son adolescence elle va adopter la couleur noire, mais aussi accéder à l'art abstrait et contemporain. La danseuse rencontre également l'espace vide qu'elle apprend à reconnaître. Elle cherche et trouve à cette période transitoire, des “nourritures intellectuelles” motrices.
    Dans sa chambre, Nathalie Carrié souhaite créer un univers, une bulle interrogeant les sensations. Chacun s'y fraie un chemin, se raconte sa propre histoire. Que s'y passe t-il ? Avec quoi en repart-on ? Cet “entre” (là d'où l'on vient, là où l'on va et le chemin à emprunter pour se définir), propre à la période qu'est l'adolescence est aussi questionné. Le lien entre la chambre et la danse réside dans les notions d'espace, de temps et de poids. La chorégraphe y intègre des livres d'art, sensible à la phrase de Fiodor Dostoïevski : “l'art sauvera le monde”...

    1 Personne qui confectionne des culottes, des pantalons.
    Du 12 au 24 mars

    Lia PRADAL et Camille TALLENT
    Visiteurs et artistes

    Lia, étudiante à l'école des Beaux-Arts de Paris, a 26 ans ; son compagnon Camille, 31 ans, est journaliste freelance et assistant de galerie à Paris. Tous deux sont liés à Toulouse et connaissent bien la Fondation. Le jeune couple, qui travaille en duo d'artistes, imagine la chambre d'un ou une adolescent.e fan de metal. Camille était grand amateur de cette musique et de la culture qui l'entoure. Il insiste sur l'importance d'appartenir à un groupe, à une caste, quand on est adolescent. Des t-shirts de groupes qu'il collectionne depuis ses 16 ans sont suspendus, tandis qu'au sol sont dispersées des photos de son adolescence “metalleuse”. La machine à fumée complète cette atmosphère théâtralisée de concert de metal. Lia, elle, s'intéresse à l'iconographie et l'esthétique de ce courant musical aux sources chrétiennes, bouddhistes ou scandinaves. Les codes du macabre, du cimetière et du romantisme liés à la culture metal inspirent les deux artistes.

    KEVIN, JANÏS, TEMI, NABIL, VINCENT ET JULES
    Footballeurs

    Les six garçons ont entre 15 et 17 ans. Ils ont imaginé une chambre autour de leur passion commune. Apprentis professionnels au lycée polyvalent Bellevue, ils sont en parallèle employés du Toulouse Football Club. Les jeunes hommes font face à un emploi du temps serré, à des cours aménagés réservés aux sportifs de haut niveau. Leur chambre évoque le sport et les valeurs qu'il véhicule - motivation, dépassement de soi, rigueur et excellence ; l'inscription sur le mur, “You can do it”, illustre ce qu'ils ressentent en pratiquant le football de haut niveau. Auprès des boîtes de chaussures de sport et d'une coupe, des éléments de l'univers manga sont affichés, un autre de leurs centres d'intérêt communs.

    Du 15 mars au 27 avril

    Sopheara LUM et William Josh BECK
    Sopheara Lum est psychanalyste spécialiste de l'adolescence, William Josh Beck est musicien.
    Alone Together, 2019


    La chambre du couple met en scène la rencontre de leurs adolescences respectives.
    Côté Sopheara Lum une atmosphère enfantine, tendrement décorée de petites fleurs ; c'est la chambre d'une adolescence malheureuse affectée par les non-dits familiaux, et pourtant pleine de promesses, celles des livres, du cinéma. Y sont rassemblés les éléments qui lui étaient indispensables à s'éloigner un temps de son quotidien : “ces livres-là, ces films-là, le courrier, la radio...”. Conte d'été d'Eric Rohmer sera ainsi pour elle un choc émotionnel.

    Côté William Josh Beck, l'atmosphère est sombre. C'est un “choc des titans”, l'affrontement entre enfance et âge adulte. La musique occupait une place centrale, l'art et la littérature ouvraient une fenêtre vers un ailleurs ; quant à la drogue et la sexualité, absentes dans l'adolescence de Sopheara Lum, elles permirent également au garçon de s'extraire d'un quotidien pesant.

    Pour l'une comme pour l'autre, la chambre était un abri intime. Par la fenêtre commune surplombant leur lit, ils regardent ensemble des paysages italiens. Les deux univers des années plus tard, se réuniront en un couple d'amoureux.

    Du 25 mars au 7 avril

    Sophie CHAUVET
    Chargée de communication à la Caisse d'Epargne

    Adolescente, Sophie Chauvet rêvait d'être une star. La chambre était sa scène, elle y dansait, chantait ou jouait de la musique à l'abri des regards. Dans cet espace très girly, rose et tapissé de photographies ingénues, la musique avait une grande importance, de la pop française au rock rétro.
    La proposition qu'elle met en scène dans la vitrine de la Fondation, bien que très différente de celle de ses souvenirs, met à l'honneur cette passion pour la musique : un espace idéal, une loge d'artiste propice au repos et à la concentration avant la suite, le spectacle, le futur.

    Maud COUTON
    Visiteur

    La chambre de Maud Couton marque l'importance qu'a eu pour elle son premier déménagement, moment de transition où tout juste sortie du nid familial, elle a dû se créer un nouveau chez-elle. Elle n'était alors pas encore une adulte.
    Les cartons encombrent l'espace, peu ont été ouverts. Attachée aux objets, elle les collectionne pour leur capacité à raconter une histoire. Ce premier emménagement en solitaire est un moment important, entre les repères importants de la vie passée que l'on emporte avec soi, et les interrogations sur l'avenir et la vie d'adulte. Entre la chambre d'adolescent et le premier appartement que l'on s'appropriera entièrement, selon ses propres choix.

    Du 7 au 27 avril

    Caroline MULLER
    Caroline Muller est chargée de communication.

    Caroline Muller a toujours travaillé dans le sud de la France. Les jardins fleurissant, lieux intimes où l'on peut prendre son temps, sont pour elle synonymes de bien-être. Grande amatrice de théâtre et de littérature, elle regrette aujourd'hui de ne pas trouver le temps de lire comme elle le faisait durant son adolescence. Elle aimait alors passer des heures sur son lit, à dévorer des ouvrages et à découvrir des mondes féeriques au chaud dans son cocon. Sa “chambre jardin” est un paradis intérieur onirique, intemporel et paisible, de ceux que l'on ne peut découvrir qu'en ouvrant en grand les portes de la lecture.

    Emma, Elizabeth, Nicole, Sara, Drew, Brendan, Maggie
    Etudiant.e.s au Dickinson College (Université privée)

    Pour les sept jeunes Américain.e.s, la chambre d'adolescence est le premier lieu qui reflète vraiment notre personnalité. A cette période, des changements physiques et psychologiques apparaissent ; le caractère se forge au contact de ce qui est imposé, à l'instar des matières d'enseignement. L'autorité parentale limite également les choix personnels sur de nombreux sujets (nourriture, vacances…).
    Les miroirs symbolisent leurs sept identités en construction. Ils reflètent les changements tout en favorisant l'introspection, la réflexivité, l'intimité. À l'inverse, le tapis rond au centre la chambre réunit les sept adolescent.e.s autour d'une culture américaine commune. Les chemins qui relient les miroirs au tapis créent le lien entre leurs individualités et leurs points communs. Ils conçoivent la chambre d'adolescence à la fois comme un espace privé et un espace d'expression, le reflet de la construction d'une personnalité unique et singulière.

    Les chambres du public

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    QUELQUES MISES EN SCENE DES CHAMBRES

    Frise non exhaustive des représentations et usages de la chambre à coucher

    Cette frise, réalisée avec notre stagiaire Pauline Mayol, est présentée au cours de l'exposition dans l'escalier menant aux caves.


    « Etrange fut la nuit où tant de souffles s'égarèrent au carrefour des chambres... »
    Saint John Perse, Exil IV

    Le soir venu, Antoine Doinel, se glisse dans un sac de couchage, sur le divan de la minuscule entrée de l'appartement parisien de ses parents.

    A l'instar du jeune héros du film Les 400 coups tout le monde n'a pas la chance d'avoir une chambre, ce lieu intime où se développent notre imaginaire et nos pensées les plus personnelles. François Truffaut restitue le mal-être de n'avoir aucun lieu à soi, ne serait-ce que pour dormir. La chambre, ce lieu presque secret qui évolue au fil des âges, nourrit depuis plusieurs siècles les fantasmes des artistes.

    ANTIQUITE – MOYEN-AGE

    Chambre : du latin cămăra : « plafond voûté »). Le terme désignant initialement toute pièce voûtée.

    La chambre à coucher apparaît en différentes époques selon les pays et milieux sociaux. On en trouve des traces dans les villas gallo-romaines, en Occident ; sur les fresques pompéiennes, (vers 20 av. J.-C.) elles accueillent des scènes d'amour courtois ou grivois.

    Longtemps, la présence d'un lit ne suffira pas à nommer une pièce “chambre”. Au Moyen-Age elles accueillaient d'autres fonctions, de réception par exemple. Les enluminures ne permettent de juger ni de la taille, ni de la fonction des chambres, les subtilités de leur symbolique nous échappant en grande partie.

    Images :

    • « L'Enserrement de Merlin », Maître des cleres femmes, XIVe siècle
    • Pietro Lorenzetti, Le Rêve de Sobac, 1328-1329
    • « Un beau rêve : Dame Nature et ses oiseaux », Livre des échecs amoureux, fin du XVe siècle

    RENAISSANCE

    Apparition de la notion d'intimité

    A la Renaissance, une chambre à vocation privée prend place dans les demeures aisés. Cet espace, différencié des activités communes, permet notamment de s'adonner aux activités sexuelles en toute discrétion. Il rend inutiles les baldaquins, permettant jusqu'alors de ménager un espace intime.
    En France, les demeures les plus opulentes différencient la “chambre de parement”, à vocation publique et meublée d'un lit de parade, de la “chambre de retrait” dédiée au sommeil, entourée de salles à vocations également privées (espace d'étude, accès à la chaise percée, garde-robe…).

    Images

    • Jan Van Eyck, Les Epoux Arnolfini, 1434
    • Joos van Cleve, Annonciation, 1525
    • Le Titien, Vénus d'Urbin, 1538

    XVIIe - XVIIIe SIECLES

    Hiérarchie des genres et académisme

    Entre le XVIIe siècle et la Révolution, une hiérarchie des genres est mise en place par l'Académie royale de peinture et de sculpture : ainsi, les scènes historiques ou religieuses sont des sujets plus nobles que le portrait, le paysage ou la nature morte. La peinture de genre est immédiatement inférieure à celle d'histoire. Presque absente dans l'histoire de l'art médiéval, elle est peu considérée à partir de la Renaissance hormis chez les peintres du nord de l'Europe (Les Epoux Arnolfini de Van Eyck est ainsi une scène de genre).

    La peinture de genre désigne les sujets familiers ou anecdotiques. Le mépris qui leur est accordé explique que hormis lorsque les artistes parviennent à les rattacher à un événement historique ou mythologique, les chambres, a priori décors de scènes de genre, soient si peu représentées à cette époque.

    Images

    • Le Caravage, La Mort de la Vierge, 1604-1606
    • Emmanuel de Witte, Intérieur avec une femme jouant de l'épinette, vers 1660
    • Jean-Honoré Fragonard, Le Verrou, 1777

    A partir du XIXe SIECLE

    Le XIXe siècle est une période de renouveau primordiale en peinture, tant au niveau du style que de l'iconographie. La hiérarchisation académique des genres se rompt et la peinture de genre s'impose. On peut y traiter des scènes du quotidien libérées des références religieuses, mythologiques ou historiques. La représentation des chambres se multiplie et se diversifie, tendance qui se confirmera aux XXe et XXIe siècles.

    Images

    • Vincent van Gogh, La Chambre de Van Gogh à Arles, 1888
    • Félix Vallotton, Intérieur avec femme en rouge de dos, 1903
    • Egon Schiele, La Chambre de l'artiste à Neulengbach, 1911
    • Edward Hopper, Morning Sun, 1952
    • Andrew Wyeth, Master Bedroom, 1965
    • Virgile Novarina, En somme, depuis 2006

    A LA CAMPAGNE

    Les familles modestes vivent en un même espace, le sommeil bénéficiant d'un aménagement particulier à l'instar des lits-clos en Bretagne. Les plus pauvres, en ville comme à la campagne, perçoivent même comme un luxe de posséder un lit, se contentant des greniers ou de la paille des écuries. La chambre en tant que pièce autonome, n'apparaît dans ces milieux qu'à la fin du XIXe siècle. La chambre personnelle devient non un luxe mais une nécessité hygiéniste ; on peut notamment y faire sa toilette à l'abri des regards, dans une baignoire ou un humble baquet.

    Images

    • Edouard Joseph Dantan, Intérieur paysan à Villerville-sur-mer, 1882
    • Georges Lieser, Intérieur breton au lit clos, 1ère moitié du XXe siècle

    DANS LES VILLES

    Les vieilles bâtisses urbaines rendent complexe la systématisation des chambres. Apparaît dès lors, à l'époque de la Révolution Industrielle, un modèle de maison peu coûteux que l'on peut reproduire à l'envie, dans les terrains en périphérie des villes. Le premier étage y est consacré aux chambres.

    Images

    • Karl Girardet, Gravure La Visite des Pauvres, 1844
    • Eugène Atget, Photographie Chambre d'une ouvrière, Paris, début du XXe siècle
    • Berlin, 1904. Photographie d'un appartement d'une pièce et une cuisine, habité par sept personnes

    CHAMBRES D'ENFANTS

    En France, les enfants ne disposeront d'une chambre que bien après leurs parents. Elle est le lieu de naissance et du tout début de la vie comme on peut le voir dans le touchant tableau de Berthe Morisot Le Berceau. Elle incarne également l'innocence, les jeux espiègles dans La Chambre de maman et des petites filles. Cette œuvre, réalisée vers 1895 par le peintre suédois Carl Larsson, nous plonge dans cette douce ambiance enfantine.

    Images

    • Berthe Morisot, Le Berceau, 1872
    • Henri de Toulouse-Lautrec, Le Lit, 1892
    • Carl Larsson, La Chambre de maman et des petites filles, 1895


    LES CHAMBRES DE JEUNES FILLES

    Fin du XVIIIe siècle : apparition de la notion d'adolescence et distinction de la “chambre de demoiselle”.

    Aux XVIIIe et XIXe siècles, l'adolescence est perçue comme une catégorie de sexe avant d'être une catégorie sociale. La chambre de demoiselle est alors celle de la vertu, sur le modèle de celle des Vierges à l'Annonciation. Une jeune fille digne de ce nom ne se montre guère à l'extérieur. Recluse, bien plus que les jeunes hommes, elle se doit d'apprendre à devenir une future épouse et mère ou de se préparer à une vie consacrée à la religion.
    La « chambre de jeune fille » est perçue comme une nécessité par la demoiselle des milieux bourgeois du début du XIXe siècle. Elle prend soin de ce lieu virginal, de calme, de chasteté, « à mi-chemin entre le boudoir et la cellule 1 » . La littérature et la poésie du XIXe siècle vont alors s'approprier cet âge féminin, passage de l'enfance à l'âge adulte. La jeune fille se découvre, appréhende un corps qui change, l'approche d'un nouveau rôle social. Sa chambre est le lieu des fantasmes mais aussi de ses souffrances, largement décrits par la littérature : La Mare au diable (1846), roman champêtre de George Sand, traite de l'amour entre une jeune fille et un homme d'âge mûr. En 1883, Honoré de Balzac écrira Eugénie Grandet, Louisa May Alcott (USA) Les Quatre filles du Docteur March (1868), etc.
    Les peintres du XIXe siècle s'intéressent également à cet entre-deux de la vie des femmes, représentant les jeunes filles dans leur chambre, à la toilette ou encore se coiffant. Scène calme de la Toilette matinale, de Edgar Degas mais aussi Le Viol, dans un registre autrement plus tragique. La Poupée délaissée de Suzanne Valadon retranscrit le passage de l'enfance à l'âge adulte. La chambre de jeune fille tout comme celle de la femme, sont ainsi une sujet inspirant pour les artistes.


    1 Michelle Perrot, Histoire de chambres, 2009

    Images

    • Edgar Degas, Intérieur ou Le Viol, vers 1868-1869
    • Edgar Degas, Le Bain matinal, 1883
    • Pablo Picasso, La Chambre bleue, 1901
    • Suzanne Valadon, La Poupée abandonnée, 1921

    CHAMBRES DE LA MALADIE ET DU DEUIL

    Les événements qui traversent la chambre sont parfois tragiques ou mélancoliques. Elle accueille, autant que les naissances, les agonies ou les veillées mortuaires. L'espace intime s'ouvre alors à ceux qui accompagnent les derniers souffles. François Ier accueille celui de Léonard de Vinci dans l'œuvre de Ingres (1818). La mise en scène néo-classique romance ici cet instant tout aussi fugace que fictif, également influencée par le romantisme qui prête aux protagonistes des postures théâtrales.
    Edvard Munch réalisera à la fin du XIXe siècle une série de six peintures émouvantes, représentant sa sœur mourante touchée par la tuberculose ; le teint blafard de l'adolescente semble déteindre sur les murs et la literie.

    Images

    • Jean-Auguste-Dominique Ingres, François 1er reçoit les derniers soupirs de Léonard de Vinci, 1818
    • Edvard Munch, L'Enfant malade, 1885-1886

    CHAMBRES DE L'ACTE SEXUEL

    Dès l'Antiquité, la chambre accueille les ébats du couple. Le sujet est également présent dans les enluminures médiévales, puis à la Renaissance, bien que l'art occidental soit souvent plus pudique que les scènes d'amour sans filtre des œuvres érotiques japonaises et chinoises.
    Le XXe siècle n'abandonnera pas son intérêt pour la chambre comme lieu de la sexualité, recherchant parfois même l'hypersexualisation : la série "Great American Nude" (1964) de Tom Wesselmann figure une femme objet de fantasme et de consommation, à l'instar des objets qui l'entourent.

    Images

    • Marta Minujin et Mark Brusse, La Chambre d'amour, 1964
    • Tom Wesselmann, Great American Nude N°. 54, 1964


    Autres images

    Lits défaits

    • Eugène Delacroix, Lit défait, vers 1825-1828
    • Adolph von Menzel, Ungemachtes Bett, 1845
    • Imogen Cunningham, The Unmade Bed, 1957
    • Felix Gonzalez-Torres, Untitled (billboard of an empty bed), 1991
    • Tracey Emin, My Bed, 1999

    • Antiquité - Moyen Age
      Antiquité - Moyen Age
      Antiquité - Moyen Age
    • Renaissance
      Renaissance
      Renaissance
    • XVIIe - XVIIIe siècles
      XVIIe - XVIIIe siècles
      XVIIe - XVIIIe siècles
    • A partir du XIXe siècle
      A partir du XIXe siècle
      A partir du XIXe siècle
    • Dans les villes - A la campagne
      Dans les villes - A la campagne
      Dans les villes - A la campagne
    • Chambres d'enfants
      Chambres d'enfants
      Chambres d'enfants
    • Chambres de jeunes filles
      Chambres de jeunes filles
      Chambres de jeunes filles
    • Chambres de la maladie et du deuil
      Chambres de la maladie et du deuil
      Chambres de la maladie et du deuil
    • Chambre de l'acte sexuel
      Chambre de l'acte sexuel
      Chambre de l'acte sexuel
  • FONDATION D'ENTREPRISE ESPACE ÉCUREUIL POUR L'ART CONTEMPORAIN - 3 PLACE DU CAPITOLE - 31000 TOULOUSE
    Tél. 05 62 30 23 30 - contact(at)caisseepargne-art-contemporain(.)fr
    Ouverture du mardi au samedi de 11h à 18 h 30 et le premier dimanche du mois de 15 h à 18 h 30. Fermeture exceptionnelle du 5 au 19 août . Entrée gratuite