• Expositions passées

    Les cadavres sont exquis

    21 novembre 2013 > 18 janvier 2014
    • ATELIERS FAMILIAUX
    • Vendredi 3 janvier
      Mercredi 15 janvier
      de 16h30 à 18h

      Découverte en famille de l'expo avec atelier de pratique !

    • Club des lecteurs
    • Lundi 13 janvier à 18h

      Autour du livre "Les Oiseaux" de Tarjei Vesaas
      animé par Aliénor Mauvignier

  •  
    accueil > Fondation > Expositions passées > 2013 > Les cadavres sont exquis
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    • photo: f. Talairach
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    Les cadavres sont exquis
    Du 22 novembre 2013 au 18 janvier 2014

    L'exposition « Les cadavres sont exquis » est un projet qui a commencé en novembre
    2005. Réinvestissant le célèbre jeu initié par les Surréalistes - le cadavre
    exquis - cette exposition est construite sur le principe d'invitation où, écrivains
    et artistes, se répondent en alternance.

    C'est le peintre Jean Le Gac qui a démarré le processus en proposant un dessin
    intitulé Le peintre a disparu. Son dessin a été confié à l'écrivain Maryline Desbiolles,
    laquelle a écrit un texte au regard de cette création. Ce manuscrit a été
    ensuite envoyé à un deuxième peintre, Gérard Titus-Carmel, qui s'en est inspiré
    pour créer une oeuvre picturale. Celle-ci a ensuite été transmise au second écrivain
    de la liste, Jean-Philippe Toussaint ... Et ainsi de suite; les artistes et les
    écrivains se répondant, jusqu'à créer une oeuvre collective étonnante où aucun
    des intervenants ne sait ce qui découlera de sa proposition.

    Aujourd'hui, ce sont trente et un artistes et écrivains de renom qui ont « joué ce
    jeu » et qui font partie de cette formidable aventure artistique et littéraire devenue
    la collection de la Fondation espace écureuil. Toutes les oeuvres sont des
    productions originales achetées au fur et à mesure depuis 8 ans par la Fondation.


    Avec la participation de, par ordre d'intervention :
    1 - Jean Le Gac, peintre
    2 - Maryline Desbiolles, écrivain
    3 - Gérard Titus-Carmel, peintre
    4 - Jean-Philippe Toussaint, écrivain
    5 - Françoise Pétrovitch, peintre
    6 - Alain Chareyre Méjean, philosophe
    7 - Jean-Michel Meurice, peintre
    8 - Eric Pessan, écrivain
    9 - Jean Rault, photographe
    10 - Philippe Forest, écrivain
    11 - Catherine Viollet, peintre
    12 - Marie-Hélène Lafon, écrivain
    13- François Dilasser, peintre
    14 - Paul Louis Rossi, écrivain
    15 - François Bouillon, peintre
    16 - Roland Ossart, musicien
    17 - Peter Kröning, sculpteur
    18 - Laurent Mauvignier, écrivain
    19 - Éric Rondepierre, photographe
    20 - Michèle Lesbre, écrivain
    21 - Glen Baxter, dessinateur
    22 - Joël Bastard, écrivain
    23 - Jeanne Lacombe, peintre
    24 - Christophe Fourvel, écrivain
    25 - Tran trong Vû, plasticien
    26 - Wajdi Mouawad, écrivain
    27 - Patricia Cartereau, peintre
    28 - Marie Darrieussecq, écrivain
    29 - Martine Camillieri, plasticienne
    30 - Patrick Mauriès, écrivain
    31 - Ronald Curchod, illustrateur

    En partenariat avec le Centre régional des lettres dans le cadre du festival Vivons livres!

    J'avais eu tant de bonheur à partir par la campagne, un livre dans ma poche, tant de bonheur à emporter le monde dans ma poche : il ne pesait rien, mais je savais tout en marchant que j'allais bientôt m'arrêter sous un arbre, un buisson, m'engouffrer entre les pages à peine bruissantes, dans l'épaisseur du monde.
    J'avais eu tant de bonheur à lire dans mon lit, transportée, bien plus que par tous les voyages à venir, sans que rien ne se voie, aussi immobile que si je dormais d'un profond sommeil.
    J'avais gardé nombre de ces bonheurs : accumulés dans ma bibliothèque, ils étaient devenus si lourds, ils s'étaient établis. Ils se portaient garants de ma distinction, assurant de mon bon goût. Presque invisibles, ils m'avaient ouverte à ce que j'ignorais, à l'inconnaissable obscurité. Assis sur mes étagères, ils me donnaient l'air de savoir. Ils étaient énormes.
    Il me prit l'envie de vouer aux orties cet ordonnancement, cette assurance, de partir de nouveau à la conquête d'un livre qui toujours se déroberait, qui ne m'appartiendrait pas mais qui me dépossèderait de moi-même. Je mis à la hâte un casque d'aviateur et me lançai dans le vide.

    Maryline Desbiolles  - n°2

    Ton ombre attisée d'une page blanche tendue au bout d'une canne, il te faudra passer par l'enclos de la fumée grise d'un fumeur de pipe.

    Si mon ombre se penche avec celle du fumeur de pipe que j'ai été et qu'une seule page, même blanche, sorte du néant, je connaîtrais donc l'attirance, mais qu'en sera-t-il du désir ?

    Cette page blanche est pour toi. Garde ton ombre si tu le souhaites et laisse derrière toi ce corps que l'on te fabriqua à force de verbe et d'ignorance. Abandonne ces pierres à leur poids. Emporte uniquement la fumée d'une présence qui autrefois t'attirait et retrouve une autre chair de l'autre côté.

    Je me penche vers la prochaine page, tu vois ? A moins que ce ne soit sur mon propre enclos. A moins que cette page blanche tendue pour m'attirer ailleurs ne veuille en fait retourner à l'enclos de celle-ci déjà peinte.

    Saisis ta chance. Au pire, tu pourras jeter la page blanche, la brûler, la piétiner et ne garder que la canne nue. T'appuyant dessus, tu traverserais ce qui reste de toi en imaginant le livre que tu n'écrirais pas. Tu traverserais le temps des arbres et le temps du ciel, les possibilités infinies de l'espace, même son orgueil immense. Tu traverserais la plaie ouverte des ombres communes, leurs paroles mêlées, baumes effarants de douceur. Les pierres qui t'accompagnent, seul poids réel de ton ombre portée, tomberaient dans l'oubli. Plus tard, tous de revenir marcher sur ces plages nées de l'usure de tous ces enclos et de leurs objets familiers, évoquant les inscriptions anciennes. Les symboles tangibles. Les pacotilles et les amulettes provisoires. Grains d'une existence méconnaissable.

    Je te donne tout. Ma canne et sa page blanche. Tout et c'est bien peu. Je suis déjà dans la fumée du prochain enclos. Celui qui viendra me visiter connaît mon penchant pour les roses, les cuisses de porcelaine veinée de bleu et le chagrin d'être seul. Une plage se dessine autour de moi.

    Comment pourrais-je être attiré par une page blanche alors que mon ombre n'est que fumée ?

    L'attirance est ton lot de consolation. Je te le donne car je ne sortirai pas indemne de cette image, à moins de retrouver ce qui la précéda. Son essence. Je dois m'alléger de cette page blanche, je le dois, car moi aussi je n'écrirai pas ce livre. Je traverse uniquement ce qui reste de moi.

    Joël Bastard - n°22


    2 juillet 2013


    C'est un collectionneur qui parle et qui dit :
    Enfant, j'aimais plus que tout, je crois, ces petites mallettes de carton bouilli, où l'on semblait devoir ranger le monde : elles ouvraient sur de petites formes moulées dans le plastique, disposées symétriquement sous le couvercle et dans le fond, retenues par des élastiques en x. Ce n'était pas seulement un monde en réduction, c'était un monde en creux, capable d'en créer magiquement un autre, de sable ou de plâtre. Pas vraiment un jouet de garçon, mais qu'importe, j'ai toujours su ce que je voulais. Parfois un élastique sautait, et tout ça se mettait à flotter. C'était dommage. C'était affreux même.
    Plus tard, dans un cagibi, au fond du couloir, où je ne risquais guère d'être dérangé, je me suis mis à construire de petits autels en recouvrant une table bancale de bouts de lamés africains, et en disposant de petites bougies d'anniversaire, des guirlandes déplumées, des pommes de pin, des boules de noël multicolores, des flocons d'ouate, de jolis découpages autour de figurines et de poupées ... Une petite litanie nécessaire et gratuite dont au fond je ne saisissais pas vraiment l'objet.
    Ce que je savais déjà, c'est combien il est important de tenir les choses à l'œil, en les combinant, les disposant, les arrangeant, les dérangeant, les plaçant en écho. C'est même la seule façon de les accepter, d'accepter le monde en plein.
    Vous vous souvenez, n'est-ce pas, de cette phrase de Nietzsche que je vous ai déjà citée : « l'homme est un animal qui vénère ».

    Patrick Mauriès - n°30

    Les rendez-vous liés à l'exposition

    > Club des lecteurs


    animé par Aliénor Mauvignier, libraire à la librairie Ombres Blanches
    Les Oiseaux de Tarjei Vesaas est un livre qui a été proposé par plusieurs artistes de l'exposition "Les cadavres sont exquis", comme livre de chevet... Nous vous proposons de le lire ensemble et d'en parler lundi 13 janvier à 18h à la Fondation. Aliénor Mauvignier animera les échanges.

    > Vous retrouverez ce livre en consultation à la Fondation ou en vente à la librairie Ombres blanches

    "Mattis emporta la passée de bécasse dans son sommeil, et quelle qu'en fût la cause, ce fut un rêve splendide."

    gratuit sur inscription (05 62 30 23 30) - 15 personnes max
    > Découverte de l'exposition pour le public en situation de handicap visuel

    Visite de l'exposition pour les personnes en situation de handicap visuel.
    - mercredi 27 novembre de 14h30 à 16h
    - samedi 18 janvier de 14h30 à 16h

    Entrée libre sur réservation (05 62 30 23 30)

    Espace sonore et tactile présenté tout au long de l'exposition dans la salle de documentation : lectures des oeuvres littéraires et plastiques. Edition en braille et gros caractères. Edition en relief.

    En partenariat avec l'Institut des Jeunes Aveugles de Toulouse.
    Avec le soutien de la DRAC Midi-Pyrénées et de l'ARS Midi-Pyrénées
    > Atelier familial

    - mercredi 15 janvier de 16h30 à 18h

    Découverte de l'exposition par les enfants et leurs parents à travers le jeux surréaliste du "cadavre exquis". Atelier de pratique et visite dynamique : atelier d'improvisation théâtrale, maquette scénographiée de l'exposition

    communiqué de presse

    gratuit sur réservation - 12 participants max.

    Vu par France 3 Toulouse

    EDITION DE L'EXPOSITION

    Edition de l'exposition

    produite par la Fondation espace écureuil, octobre 2013 
    en vente à la Fondation : 30 euros

    Retrouvez l'ensemble des oeuvres littéraires et plastiques de l'exposition

    Enregistrements sonores de l'exposition

    Afin de permettre aux personnes mal et non voyantes de découvrir l'exposition, nous avons créé un support audio où l'ensemble des oeuvres littéraires et plastiques sont lues.
    Des personnes voyantes peuvent bien sûr aussi s'emparer de ces outils et découvrir ainsi autrement l'exposition.
    Des casques audio sont mis à disposition dans la salle de documentation de la Fondation durant toute l'exposition, des visites adaptées sont également proposées.


    Les description des images ont été réalisées en partenariat avec l'Institut des Jeunes Aveugles de Toulouse qui a également traduit les textes en braille et en gros caractères. Quelques oeuvres plastiques ont également été réalisées en relief de façon à permettre leur manipulation et leur représentation mentale.

    Ce projet est soutenu par l'Agence Régionale de la Santé de Midi-Pyrénées et la Direction des Affaires Culturelles de Midi-Pyrénées.
    Enregistrements : compagnie Comme si

    > Voir aussi le stage danse et écriture mené par Christophe Fourvel et Geneviève Pernin en direction de personnes voyantes et non-voyantes

    Pistes sonores des oeuvres de l'exposition :

    1/Jean Le Gac : description de l'image (2005)

    2/ Marilyne Desbiolles : texte (2005)

    3/ Gérard Titus Carmel : description de l'image (2005)

    4/ Jean-Philippe Toussaint : texte (2006)

    5/ Françoise Petrovitch : description de l'image (2006)

    6/ Alain Chareyre-Méjan : texte (2006)

    7/ Jean-Michel Meurice : description de l'image (2007)

    8/ Eric Pessan : texte (2007)

    9/ Jean Rault : description de l'image (2007)

    10/ Philippe Forest : texte (2007)

    11/ Catherine Viollet : description de l'image (2007)

    12/ Marie-Hélène Lafon : texte (2007)

    13/ François Dilasser : description de l'image (2007)

    14/ Paul-Louis Rossi : texte (2007)

    15/ François Bouillon : description de l'image (2007)

    16/ Roland Ossart : création musicale (2007)

    17/ Peter Kröning : description de la sculpture (2007)

    18/ Laurent Mauvignier : texte (2009)

    19/ Eric Rondepierre : description de l'image (2009)

    20/ Michèle Lesbre : texte (2011)

    21/ Glen Baxter : description de l'image (2011)

    22/ Joël Bastard : texte (2011)

    23/ Jeanne Lacombe : description de l'image (2012)

    24/ Christophe Fourvel : texte (2012)

    25/ Tran Trong Vù : description de l'image (2012)

    26/ Wajdi Mouawad : texte (2012)

    27/ Patricia Cartereau : description de l'image (2012)

    28/ Marie Darrieussecq : texte (2013)

    29/ Martine Camillieri : description de l'installation (2013)

    30/ Patrick Mauriès : texte (2013)

    31/ Ronald Curchod : description de l'image (2013)

  • FONDATION D'ENTREPRISE ESPACE ÉCUREUIL POUR L'ART CONTEMPORAIN - 3 PLACE DU CAPITOLE - 31000 TOULOUSE
    Tél. 05 62 30 23 30 - contact(at)caisseepargne-art-contemporain(.)fr
    Ouverture du mardi au samedi de 11h à 19 h 30 et le premier dimanche du mois de 15 h à 19 h 30.. Entrée gratuite