Jun Nguyen-Hatsushiba

Du 30 janvier au 22 mars
vernissage: mercredi 29 janvier à 18h30

> exposition en partenariat avec le Festival Made in Asia
dans le cadre de l'année du Viet Nam en France

     

 

 

Jun Nguyen-Hatsushiba est un plasticien japonais-vietnamien, né en 1968. Il grandit dans ses deux pays d'origine, puis aux Etats-Unis. Il fait ses études d'art à Chicago. Il a vécu ces seize dernières années à Ho Chi Min Ville.

Toute son œuvre est empreinte du poids de la tradition, de l'identité de son peuple, de la diaspora qui a suivi la guerre. Pour autant, le travail du plasticien n'est pas un documentaire historique, mais bien une œuvre poétique aux images et aux sons envoûtants. Et, au delà de sa propre histoire, Jun Nguyen-Hatsushiba parle d'une époque contemporaine qui nous mène tous sur les chemins. Dans nos vies, nous allons vers … Vers un ailleurs, quel qu'il soit, toujours à la recherche d'un bonheur. Il y a bien sûr, la réalité du monde, les réfugiés politiques, économiques, dont la survie dépend d'un départ de chez soi, d'un accueil ailleurs.

Mais, il y a aussi, de manière métaphorique, dans l'œuvre de Nguyen-Hatushiba, toute volonté de déplacement de soi. Il est rare, dans nos vies contemporaines de rester au même endroit, de naître et mourir dans le même village, dans la même ville, dans le même pays … C'est de cela que parle l'œuvre de cet artiste : ce que nous quittons, ce que nous trouvons, ce que nous espérons et cherchons activement.

Dans cette exposition, deux séries sont développées et une nouvelle piste.

 

>> Jun Nguyen-Hatsushiba expose également au Carré d'art de Nîmes.
Chorégraphies suspendues : exposition collective de huit artistes contemporains vietnamiens
du 21 février au 27 avril


 

MEDIATION

 

 

> Breathing is free : 12,756.3

"Libre de respirer : 12 756,3 kms" est une série en cours dont la restitution peut être photographique ou vidéographique. Ce chiffre énigmatique est celui du diamètre de la terre. La série sera terminée lorsque l'artiste l'aura parcouru (lui et d'autres, conviés aux différents épisodes de la série). Cette distance symbolise le fait de traverser la terre, d'aller d'un point à un autre, d'un but à un autre. Jun Nguyen-Hatsushiba court pour nous, fuit, va, arrive, s'épuise, donnant forme à nos espoirs. Car il s'agit de courir, certaines fois, selon un dessin / dessein précis. Les différents parcours dessinent dans la ville un motif qui, repéré au GPS, s'inscrit ensuite sur la carte. Ainsi, les fleurs de Sakura donnent à voir une communauté reconstituée autour du fleuve de la ville de Yokohama devenu tronc d'arbre (chaque fleur est le parcours couru par une personne), un microscope géant regarde la terre et nous voici, terriens, sous l'œil de nos êtres chers et disparus, peut-être …

Cette série peut aussi, comme à Toulouse et à Shangaï, prendre la forme d'une valeur plus spirituelle. Jun Nguyen-Hatsushiba court 49 fois 49 mètres, le plus vite possible, puis constitue un seul film de ces 49 prises de vue, devenant ainsi une forme floue avançant vers nous. Il ne s'agit plus de montrer la réalité physique d'un corps dans l'espace, mais une forme distanciée de cette matérialité, spirituelle. 49 est le nombre de jours qu'il faut à l'âme pour quitter le corps ou la maison, selon une croyance japonaise. Chiffre symbolique pour, là encore, aller d'un point à un autre tant espéré, celui de la matérialité à la spiritualité.

> Memorial Project

Memorial Project sont des vidéos, véritables petits films où le son compte autant que l'image (Jun Nguyen-Hatsushiba est aussi musicien et compose la musique de certaines de ses vidéos). Ces films, au nombre de trois dans cette exposition (Jun Nguyen-Hatsushiba est un train de réaliser le 6ème), construisent des histoires métaphoriques prenant sources dans l'histoire et ancestrale et récente du Vietnam, du Japon, mêlant chants folkloriques, musiques d'aujourd'hui, population, identité nationale, histoire de la guerre, des Boat People ... Ses vidéos mettent en scène des instruments du folklore : pousse-pousse, jonque ... en relation avec les éléments naturels forts qui composent le paysage vietnamien, japonais : l'eau, la végétation … Il fait ainsi se rejoindre paysage, patrimoine, histoire contemporaine et identité nationale.

> Un mur de figurines

Pièce réalisée pour la première fois à Toulouse.
2000 petits personnages vont tous dans le même sens dans les lignes d'un mur de briques. Un flux de population, des amoureux, des voyageurs, des parents avec leurs enfants, des pères avec leur fils, des mères, des travailleurs, vous, moi, génération après génération allant vers …