Minimal Nature

Exposition collective, du 2 octobre au 30 décembre 2015
au 42 rue du Languedoc, Toulouse (nouvelle adresse, le temps des travaux place du Capitole)

Avec les œuvres de Roger Ackling, Carl Andre, Iain & Ingrid Baxter, Laurence Cathala, Sabine Delcour, Hamish Fulton, Nancy Holt, Wolfgang Laib, Barbara et Michael Leisgen, Jochen Lempert, Sol Lewitt, Richard Long, Ludwig & Carole Nosella, Donald Judd, Clément Roche, Fari Shams, Sarkis, Nils Udo, Lawrence Weiner

et aussi, Gustave Courbet, Josse II de Momper, Jean-Charles-Joseph Rémond, Pierre-Jacques Volaire, Axel Wilhelm Nordgren.

>> Exposition en partenariat avec le Musée des Augustins de Toulouse et le Festival Les jardins synthétiques

Une visée didactique
L'art contemporain a désormais une histoire, des icônes, des pratiques et des principes fondateurs qui constituent le socle de la création actuelle. Cette exposition est avant tout l'occasion de montrer au public des œuvres emblématiques de courants inauguraux de l'art contemporain (art minimal, art conceptuel, land art) et de retrouver dans leur expression originelle les principes qui fondent l'œuvre d'art d'aujourd'hui.

L'idée, « machine » et matériau de l'art
Les artistes des courants minimaliste et conceptuel ont remis en question la valeur accordée jusqu'alors à la matérialité de l'œuvre. Partant de l'observation que l'œuvre d'art s'adresse à notre esprit, nourrit notre pensée, l'œuvre est alors réductible à une idée. Sa conception prévaut sur sa fabrication.

Dans l'art conceptuel c'est l'idée ou le concept qui compte le plus… tous les projets et toutes les décisions sont antérieurs à l'exécution qui reste une chose superficielle. L'idée devient une machine d'art. Sol Lewitt

Cette « cosa mentale » déjà définie par Vinci fait écho à l'idée de M. Duchamp selon laquelle l'œuvre se réalise dans l'imagination du spectateur : C'est le regardeur qui fait l'œuvre. Ce principe de l'idée primant sur l'objet, développé par l'art conceptuel, deviendra un postulat essentiel à toute création artistique contemporaine.

 

L'œuvre est expérience
Si l'œuvre n'est plus obligatoirement un objet, sa réalité existe pourtant à travers l'expérience qu'elle fait vivre au spectateur. L'esthétique minimale ou la pauvreté des matériaux utilisés n'est pas tant une volonté d'épurer la forme que de retrouver dans l'œuvre les conditions d'une expérience essentielle avec l'espace, le temps, la matière. Expérience mentale, l'œuvre est aussi expérience physique et sensible.

Simplicité de forme ne signifie pas nécessairement simplicité de l'expérience.
Robert Morris.

Nature versus culture
L'idée de nature est l'axe thématique de l'exposition.
Si l'art est une chose mentale… la nature est une de ces idées dont les artistes sont les fidèles artisans et dont la peinture de paysage a été l'expression la plus répandue. Les artistes de la fin des années soixante ont précisément renoncé à cette nature fabriquée et aliénée à des conventions culturelles de représentation pour inventer de nouveaux rapports entre l'art et la nature à travers lesquels s'exprimait une nouvelle relation de l'art au monde.

L'art, c'est ce que nous faisons, la culture, c'est ce qu'on nous fait.
Carl Andre

Perspective historique
La simplicité et la radicalité des dispositifs artistiques permettent de comprendre la volonté historique de ces artistes de briser avec les formes traditionnelles de l'œuvre afin de redéfinir la place et la mission de l'art, poursuivant en cela l'entreprise de rénovation esthétique amorcée par les modernes au début du XXème siècle.
Tout en défrichant, ces artistes ont institué des pratiques qui, malgré eux, se sont commuées à leur tour en classicisme pour les générations suivantes. En confrontant ces œuvres avec celles d'artistes contemporains, l'occasion est belle d'évaluer la manière dont l'héritage artistique des années 1970 est assumé, rejeté ou réinvesti aujourd'hui.

Commissariat d'exposition : Frédéric Jourdain

 

POUR VOUS ACCOMPAGNER DANS LA VISITE :

>> Fiche de salle de l'exposition : texte du commissaire de l'exposition

>> Livret de médiation à la Fondation : fiches thématiques et sur les artistes de l'exposition

>> Livret de médiation au musée des Augustins

>> Plan de l'exposition (nom des artistes, cartels des œuvres)

 


 

RENDEZ-VOUS LIÉS À L'EXPOSITION

> Mercredi 4 novembre - de 10h à 12h

Visite adaptée de l'exposition Minimal Nature pour le public en situation de handicap visuel.
En partenariat avec le pôle L'œil et la lettre, médiathèque José Cabanis.

Gratuit sur réservation : 05 62 30 23 30

> Vendredi 6 novembre - 18h30 – au Musée des Augustins

Re-découverte de l'exposition Minimal Nature à travers la lecture d'un choix de textes littéraires. Avec Matthieu Boisset, comédien. Dans les salons des collections du musée des Augustins.

Gratuit sur réservation - 05 62 30 23 30

> Samedi 28 novembre

Parcours en bus : visite des expositions Minimal Nature et David B, portraits de mon frère & du roi du monde au Pavillon blanc, centre d'art + lectures croisées.
- 10h : départ en bus pour Colomiers / RDV devant le musée des Augustins (21 rue de Metz)
- 10h30-11h30 : visite de l'expo au Pavillon blanc + lecture
- 11h30-12h : retour en bus sur Toulouse
- 12h-13h: visite de l'expo à la Fondation + lecture et apéro

Gratuit sur réservation : 05 62 30 23 30
Dans le cadre du festival Graphéine organisé par le réseau PinkPong

> Tous les mercredis après-midi, à la demande!

Dissection sauvage : RDV express autour d'une œuvre de l'exposition avec la médiatrice de la Fondation (env. 15 min).

gratuit sans réservation

> Livret de médiation : fiches thématiques / fiches sur les artistes – en consultation ici et en téléchargement sur notre site internet

> Nombreux ateliers pour les enfants et les familles proposés par le musée des Augustins à la découverte de l'exposition croisée Minimal Nature.

Détail des ateliers

Sur réservation : 05 61 22 39 03

Remerciement à ces structures pour le prêt des œuvres de leur collection:
FRAC BOURGOGNE
FRAC BRETAGNE
FRAC PICARDIE
FRAC NORD-PAS DE CALAIS
FRAC LORRAINE
FRAC HAUTE-NORMANDIE
MUSEE D'ART MODERNE ET CONTEMPORAIN – LES ABATTOIRS
INSTITUT D'ART CONTEMPORAIN, RHÔNE-ALPES
MUSEE DEPARTEMENTAL D'ART CONTEMPORAIN DE ROCHECHOUART

JARDINS SYNTHÉTIQUES

Les Trous Blancs

Installation vidéos de Ludwig & Carole Nosella

à la Chapelle des Carmélites (1 rue du Périgord)
jusqu'au 18 octobre

ouvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 12h et de 14h à 18h

En partenariat avec le festival Les Jardins Synthétiques

Fictions extrasolaires, 2015

Printemps à la surface d'une planète. Un équipage d'astronautes ouvre ce qui s'apparente à une time-capsule contenant de l'information inconnue. Jour après jour, cet objet transforme leur mission et leur expérience de l'espace-temps, inaugurant ainsi le projet Les Temps Fantômes - projet nomade circulant d'expéditions en expositions.

Lancé dans le désert de l'Utah au printemps dernier lors d'une campagne de simulation martienne impliquant des étudiants de l'ISAE, cette œuvre-projet propose d'explorer la notion de projection comme médium, modifiant le climat d'une mission spatiale et des relations artistes-astronautes.

A partir de cet instant, les dimensions de la réalité se multiplient et cette équipée glisse vers un espace imaginaire : la réalité physique de cette simulation se trouve engagée dans un processus de traduction, les vidéo projections et les échanges mail nocturnes entre les astronautes et les artistes nourrissent le développement de ces Trous blancs, qui proposent aujourd'hui une expérience métamorphosée de cette relation.

Les trous blancs sont des sources, des résurgences sur la planète de mondes inconnus, distants, à travers lesquels celle-ci pourra peut-être entrevoir des pistes de transformation.

Flux d'images, d'informations, de paroles et de sons, ces projections fictionnelles proposent à travers une approche topologique un nouveau mode d'exploration du monde, de nouveaux espaces de co-existence : un choc en retour de l'environnement sur l'explorateur.

Si "'un trou noir est un espace où vous pouvez plonger mais dont vous ne réchapperez pas; un trou blanc est un espace que vous pouvez quitter mais vers lequel vous ne pourrez retourner" (Sean Carroll).

Les images alimentant ces Trous blancs sont toutes issues de captations - de trajets quotidiens aux milieux marins - hantées par l'expérience et les rêves des spationautes.
Des opérations de compressions extrêmes (glitch), de flitration directe, de re-projection et de superposition en font des générateurs d'inconnu, proposant un regard extrasolaire sur la planète.

Lost in translation. En transit sur les murs et les fresques de la chapelle, déformées, teintées, en tension avec l'environnement peint et la présence fantomatique des personnages bibliques, ces projections de trous blancs viennent parasiter la Chapelle des Carmélites, questionnant ainsi notre rapport à la fluidité, à l'espace, à son altération et à sa régénération, à travers une libre appropriation de celui-ci par le public.

Voyage au sein du voyage, ce projet d'exposition est envisagé comme l'une des composantes d'un projet de time-capsule pour astronautes futurs.
Un événement inconnu viendra en altérer la forme lors de cette édition des Jardins synthétiques.

Ludwig & Carole Nosella