All Over
Naco Paris

Du 8 avril au 7 mai 2022

Naco Paris, styliste, artiste contemporain propose, à travers un all over, son univers aux multiples entrées : installations, créations textiles, reliques, photographies, vidéos… Toutes les œuvres sont autant d'autoportraits à l'effet miroir : qu'est-ce que je fais avec ce que la société attend de moi ? C'est violent, drôle et cruel, car Naco, dans son travail sur le portrait joue autant sur le sérieux que sur le dérisoire.
Il parodie la jeune fille à la perle et notre émotion est au rendez-vous.
Il crée un bijou de pacotille de luxe à la juste mesure d'équilibre du brut et du délicat.
Il crée des collections textiles, couvrant le corps de slogans publicitaires ou revendicateurs, car qui fait parler le corps est une question primordiale de nos sociétés.
Il se grime en multiples personnages, le maquillage élevé au rang d'art grandiose.
Il se démaquille et de cette destruction crée des reliques peintes, car rien de nous ne meurt vraiment.
Le corps, son corps, mis en scène, maquillé, habillé, en représentation, mais aussi photographié, filmé devient le lieu de cette réflexion multiple et ininterrompue : qui mène le jeu ?
L'œuvre de Naco nous propose de penser par le corps, notre rapport à notre société. Il nous offre le sien, d'une certaine manière, pour mieux nous amener à réfléchir à notre propre re-présentation.
Une vidéo de huit secondes bouleverse par le passage fluide du rire faux au rire vrai, sa répétition devenant tout à fait hypnotique et fascinante. Œuvre emblématique de la frontière si mince entre ce que nous sommes dans cette vie de constante représentation : le travail, les réseaux sociaux, le regard de l'autre d'une manière générale et le plus vrai de nous que nous ne laissons apparaître parfois qu'à peine à nous-même. Ainsi, Naco mène aussi tout un travail de transformiste, démultipliant les personnages aux codes stéréotypés et néanmoins inventifs. Vient le temps du démaquillage : retirer le costume du paraître, l'enveloppe… Les lingettes deviennent des paysages. Il s'agissait bien de peinture, d'artifice, nous dit-il… il s'agit bien d'œuvre : le maquillage devient pigment et un paysage sans arrêt réinventé s'inscrit sur la lingette devenue précieuse relique, celle d'un personnage qui a existé une soirée et qui sera à réinventer le lendemain, jeu de la représentation sans arrêt demandé par une société anthropophage, qui demande son dû et à qui nous le fournissons bien volontiers, tour à tour victime et bourreau. Naco, très au fait de cela, décide que le rôle de l'artiste est de rester maître du jeu.
Voici l'œuvre de Naco Paris, en total accord avec cette phrase de Louise Bourgeois : « Pour moi, la sculpture est un corps. Mon corps est une sculpture. »

Sylvie Corroler, directrice de la Fondation espace écureuil

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Vues de l'exposition : François Talairach©